L’écologie est un champ d’étude fascinant, avec une histoire riche, qu’on pourrait définir étymologiquement comme « la science de l’habitat », ou selon Haeckel (zoologiste allemand du XIXe siècle) comme la « science des conditions d’existence ».  Elle a pris au cours des dernières années une grande ampleur scientifique et médiatique, en nous invitant à nous poser la question suivante : en tant qu’espèce consciente que son mode de vie récent menace sa prospérité et celle de nombreuses autres espèces, devons-nous chercher et pourrons-nous trouver les moyens de changer cette destinée ? Cette question suppose des positions qu’il est important de détailler.

D’abord, à Mycélium, nous considérons l’Homme comme une espèce animale au sens darwiniste (et non créationniste), c’est-à-dire descendante d’espèces aujourd’hui disparues et ayant des liens de parenté avec le vivant d’aujourd’hui. Cependant, il se distingue par une intelligence et une organisation remarquables qui lui permettent d’appréhender les problèmes complexes de son environnement.

Ensuite, nous prenons le parti des scientifiques qui affirment d’une part, à l’aide de données factuelles vérifiables, que la Terre est actuellement le théâtre de changements globaux d’ampleur inégalée à si courte échelle de temps. En témoignent par exemple l’augmentation colossale de 1.1°C de la température terrestre moyenne depuis le début de la révolution industrielle (GIEC 2018) et la disparition de 60% des effectifs d’animaux vertébrés ces 40 dernières années (WWF 2018) ; et d’autre part, que ces changements sont en grande partie causés par les activités humaines (agriculture, transport, industrie…) : nous pouvons citer la déforestation annuelle d’en moyenne 13 millions d’hectares dans le monde (soit le quart de la superficie de la France) dont 80% est liée à la production agricole (FAO 2015). Nous prenons ainsi le contrepied des climatosceptiques qui imputent le dérèglement climatique à l’évolution naturelle, voire réfutent son existence.

Des solutions ne pourront émerger que si une large communauté de femmes et d’hommes, experts ou amateurs, se prépare et souhaite avancer dans cette voie. […] Nous nous fixons comme objectif d’impliquer un maximum de personnes de tous horizons dans la réflexion écologique.

Enfin, nous estimons que la préservation au moins partielle de notre environnement, sur lequel repose notre propre existence, est un enjeu majeur de notre siècle, qui justifie qu’on y consacre notre énergie et notre temps. En ce sens, nous prenons le parti d’une durabilité forte. Nous soutenons que capital naturel (environnement) et capital artificiel (richesse sociale et économique créée) sont complémentaires et non substituables. C’est la préservation du premier qui permet le développement du second. Or ce changement de paradigme nécessite des réponses et des engagements urgents et ambitieux venant de toutes les disciplines : économie, physique, biologie, sciences sociales… Ces solutions ne pourront émerger que si une large communauté de femmes et d’hommes, experts ou amateurs, se prépare et souhaite avancer dans cette voie.

Nous nous fixons comme objectif d’impliquer un maximum de personnes de tous horizons dans la réflexion écologique. Or nous constatons deux freins majeurs à cette implication à l’échelle individuelle : le premier est le manque de connaissances factuelles. Cela s’explique simplement : l’écologie a longtemps été un sujet marginal, absent des modèles économiques, et disposant donc de peu de visibilité. Le deuxième frein vient du fait qu’une fois passé le cap de la connaissance, nous pouvons souffrir de l’isolement créé par les positions que nous partageons qui peuvent être perçues comme radicales ou dérangeantes par un entourage non initié.

Notre association Mycélium naît suite à ce diagnostic. Un groupe d’individus, alors étudiants, en quête de connaissances et d’interlocuteurs bienveillants, se rassemble pour entreprendre des actions pédagogiques auprès d’établissements d’enseignement et du grand public, avec trois grands objectifs :

  • Informer : nous nous engageons à fournir et à expliquer de façon ludique, originale et la plus objective possible les données scientifiques en lien avec les enjeux écologiques,
  • Créer des espaces de partage : nos ateliers sont l’occasion d’échanger librement sur les enjeux qui nous tiennent à cœur,
  • Servir de tremplin pour s’engager : Mycélium est une association écologique et non écologiste, c’est-à-dire que nous présentons des faits et non des positions politiques. Cela dit, au fur et à mesure de votre prise de conscience, et si vous le souhaitez, nous pourrons vous orienter vers différentes formes d’engagement ; devenir membre de Mycélium en est une, et il y en a beaucoup d’autres.

Si ce manifeste vous a appris quelque chose,

Si ce manifeste a mis les mots sur des idées que vous peiniez à formuler jusque-là,

Si ce manifeste vous a permis de vous identifier à nos actions,

Une seule chose à faire : visitez notre page Facebook et inscrivez-vous à l’atelier « fresque du climat » (ou un autre atelier de votre choix), à très bientôt !