L’association est née pour encadrer les projets en lien avec la transition écologique et solidaire menés bénévolement par plusieurs anciens élèves d’une école d’ingénieurs suite à l’obtention de leur diplôme. Après s’être centrée durant plusieurs mois sur ces projets initiaux, l’association a évolué pour reproduire la dynamique initiale à plus large échelle, et rassembler des personnes ayant envie d’apprendre et de s’engager et les faire agir ensemble.

DES PRISES DE CONSCIENCE INDIVIDUELLES

A l’origine de Mycélium, il y eut un déclic. Il fût d’abord individuel, et relatif à la sensibilité et aux expériences de chacun : certains ont constaté des réalités alarmantes lors de voyages dans des pays défavorisés, d’autres ont suivi des formations et mené des recherches sur les crises écologiques en cours.
Le constat schématisé de la vision systémique de Maïana
Certains ont été émus des paysages aussi beaux que fragiles ou de la richesse d’autres cultures moins centrées sur l’argent, d’autres se sont indignés des injustices sociales, climatiques, de l’inertie du monde politique ou encore du déni collectif face aux crises à venir.
Chacun s’est d’abord intéressé à des crises particulières, comme le changement climatique, la crise sociale et démocratique, l’effondrement de la biodiversité, l’épuisement des ressources… avant de comprendre progressivement qu’elles étaient toutes interconnectées, toutes des conséquences d’un même problème, et d’appréhender une vision systémique des crises écologiques.
Nous avons tous perçu à notre manière une urgence oppressante et une gravité effrayante. Nous nous sommes tous sentis perdus, à un moment ou un autre. Un peu seuls, aussi.

LA FORMATION D'UN GROUPE

Puis le déclic fut collectif.
Diplômés en novembre 2018 de l’école Centrale de Lyon, nous nous sommes rassemblés à 6 sous l’impulsion de Maïana car nos doutes et questionnements quant à notre avenir professionnel étaient similaires. Les débouchés professionnels sont rares et limités dans la transition écologique et solidaire, et la majorité catalysent les crises écologiques et sociales.
D’autre part, nous avons rencontrés des acteurs de la transition, de nombreuses actions sont en cours mais leur ampleur reste encore insuffisante.
Ce déséquilibre entre une profonde perte de sens dans nos métiers et ce besoin immense de changement au sein de la société, nous a poussé à agir, à nous engager.
Ensemble, nous avons réalisé l’importance du groupe pour échanger, s’aider et se motiver pour agir. Il nous aussi a paru essentiel de revenir vers notre école, une formation générale sur les crises étant indispensable aujourd’hui pour l’ensemble des étudiants.

UNE PREMIERE INITIATIVE COLLECTIVE

Durant les premiers mois, nous avons mené des actions ensemble. Certaines portaient sur l’enseignement supérieur, motivée par l’objectif de pouvoir aider à l’évolution des formations. D’autres portaient sur l’accompagnement de notre entourage dans leur prise de conscience. Afin de cadrer ces projets et de fédérer autour d’un nom, nous avons créé l’association en janvier 2019.
La démarche a reçu de nombreux soutiens dès de début. Nous avons rapidement  été rejoints par une trentaine d’autres personnes motivées par nos projets et prêtes à agir à nos côtés. Nous nous sommes organisés autour de 2 axes : faire évoluer l’enseignement supérieur en travaillant avec notre ancienne école, et en impulsant des initiatives similaires ailleurs, tout en facilitant la prise de conscience des crises écologiques des jeunes actifs et étudiants en diffusant des ressources pour s’informer et organisant régulièrement divers événements pour se retrouver et apprendre des autres.
Mais ce premier modèle s’est vite essoufflé car les objectifs correspondaient principalement aux attentes des fondateurs de l’association, et nous avons réalisé que la popularité de Mycélium n’était pas entièrement liée aux résultats de ces actions. Une profonde remise en question a été menée, et tous ceux qui le souhaitaient ont été impliqués dans la recherche de précision de l’identité de l’association.

VERS UNE VISION PLUS JUSTE

Nous avons compris que Mycélium tirait son succès du fait que l’association semblait répondre à 2 problèmes que beaucoup d’entre nous avaient rencontré : la prise de conscience est difficile car les problématiques sont complexes, multiples, interconnectées, et remettent en question de nombreux acquis. De plus, le choix d’un engagement peut être long car il existe de nombreux modes d’action, chacun ayant ses avantages et inconvénients, et il revient à chacun de déterminer celui qui lui convient le mieux.
En proposant à ceux qui le souhaitent un cadre et des outils pour apprendre, pour échanger et s’entraider au cours de cette démarche, et pour ceux qui le souhaitent mener les projets qui leur tiennent à coeur, Mycélium répondait à ces 2 problèmes.
C’est pourquoi Mycélium ne se centre plus nécessairement sur les deux axes stratégiques initiaux, mais sur la dynamisation de communautés de personnes ayant envie d’apprendre et d’agir. Aujourd’hui, le groupe initial s’est naturellement scindé en deux par contrainte géographique (Lyon et Paris). Ce nouveau modèle s’est petit à petit fait ressentir au fil des mois, les projets étant de plus en plus divers et géolocalisés. Mais ce nouveau modèle s’est concrétisé en juin 2019, avec la première réunion mensuelle parisienne, durant laquelle les membres parisiens se sont retrouvés et ont défini des projets qu’ils s’engageaient à mener.
Lyon et Paris restent cependant en contact car de nombreuses initiatives sont similaires, certains outils et retours d’expériences peuvent être utiles aux autres. Bien que les communautés tendent à devenir autonomes, le réseau garde son rôle de Mycélium. Les objectifs de l’association sont de pérenniser ces communautés, de les faire grandir, et d’en créer d’autres.