Une marge de manoeuvre relative

Le comportement d’un individu est déterminé par des facteurs externes provenant de l’environnement physique, matériel, social et économique, mais aussi par des facteurs internes propres à l’individu. Certains sont conscients, d’autres non. Certains traduisent une volonté propre de l’individu, d’autre non. La combinaison des facteurs qui interviennent dans les choix qui déterminent les comportements individuels est complexe et variable selon les individus et les situations.
La marge de manoeuvre d’action de l’individu est l’ensemble des choix possibles qu’il peut faire dans une situation donnée, lorsqu’il est soumis à un ensemble de contraintes (qui peuvent être internes ou externes, matérielles, sociales, économiques, psychologiques….). Dans nos sociétés occidentales, pour beaucoup d’entre nous et dans beaucoup de situations, nous croyons que cette marge de manoeuvre existe.
Au sein de ta propre marge de manoeuvre, tu peux orienter tes actions et faire évoluer ton comportement pour réduire ton impact, participer à la construction du monde de tes rêves et t’accorder comme tu peux avec tes convictions.

De nombreux impacts et responsabilités individuels

Consom'acteur

Nous sommes la demande, et la demande a toujours sa part d’indépendance sur l’offre, bien qu’elle soit limitée (les producteurs ont un rôle de prescription et un réel pouvoir d’influence via le marketing…). Les tendances du marché existent en partie parce que le consommateur les encourage.
"L'obsolescence programmée, c'est nous."
Frédéric Bordage
Green IT
Certains gestes de consommation sont superflus et pourraient être évités. D’autres gestes pourraient être modifiés pour consommer moins ou mieux. En privilégiant les gestes éco-citoyens, je dis oui aux alternatives et participe à l’émergence de nouvelles opportunités pour les entreprises, et je dis non aux pratiques à fort impact négatif et participe au déclin des activités polluantes.
"Acheter, c'est voter !"
Béa Johnson
Zero Waste Home

Citoyen

La politique est l’art du compromis entre l’expression des diverses volontés. Il est possible d’exprimer son opinion sous diverses formes, comme le vote, le dialogue avec les élus, les pétitions, les actions militantes, l’activisme… Mais plus qu’un ensemble de belles initiatives isolées, la mobilisation coordonnée de suffisamment d’individus peut participer à l’émergence d’un lobby citoyen qui ait un réel pouvoir d’influence politique direct.
"Un élu arbitre selon la moindre nuisance."
Jean-Marc Jancovici
L’expression claire d’une réelle volonté politique de la part du peuple peut impulser une volonté plus marquée des décideurs à accélérer la TES**, ce qui aura des conséquences sur les citoyens mais aussi sur les acteurs économiques.
"Il est temps que nous prenions conscience que les changements profonds, les révolutions de nos sociétés viennent du peuple. Pas des gouvernements."
Vandana Shiva

Individu social

Nos pensées et actes sont perçus par notre entourage, ils peuvent les influencer, les faire réfléchir et les inspirer. En assumant et expliquant tes choix aux autres sans leur imposer, tu montres en quelque sorte l’exemple, tu peux faire se questionner, faire connaître, inspirer, et les encourage à changer. Mais aussi, ils influencent les pratiques des groupes sociaux auxquels nous appartenons et peuvent contribuer à l’évolution des normes sociales et à un changement social qui nous dépasse.
"Montrer l'exemple n'est pas la meilleure façon de changer le monde, c'est la seule."
Gandhi

Acteur dans un projet de société

En continuant à attendre du système existant qu’il change pour nous sans participer à ce changement, nous continuons à l’utiliser,  nous le renforçons et empêchons son changement. Tandis qu’en choisissant de devenir un acteur du changement, en « faisant sa part » comme le Colibri, conscient de l’évolution profonde à mener, on se donne la possibilité d’innover, de créer conformément à nos convictions. En créant ainsi, on participe à l’évolution du paradigme sociétal, on offre l’opportunité au système d’évoluer. Et c’est un peu ça, résister au système existant. 
"Pour changer le monde, il faut d'abord se changer soit-même."
Pierre Rabhi
"Créer, c'est résister. Résister, c'est créer."
Stéphane Hessel

Une astuce pour être plus heureux ?

Les impacts psychologiques d’un tel changement de posture sont nombreux. Tout d’abord, devenir acteur de sa vie et ne plus être une victime soumise d’un système externe à soi est l’un des messages de la pensée positive, un concept vendu par les professionnels du développement personnel, et prouvé comme réellement effectif par les neurosciences.
Puis, savoir prendre ses responsabilité face à ses propres choix est une condition nécessaire pour avancer sur la voie vers le bonheur selon certains psychologues. C’est un premier pas vers la résolution de certains problèmes résultant de mauvais choix soit-disant subis, et cela permet en outre d’avoir une perception moins négative du monde qui nous entoure car il devient à nos yeux moins contraignant et oppressant.
La prise de conscience de sa propre liberté peut être vécue comme une sorte d’éveil après une vie de somnolence plus ou moins monotone et soumise. Elle amène aussi à remettre en question ses acquis, ses habitudes et ses automatismes et invite à se redécouvrir, à se recentrer sur soi et à être plus attentif à l’instant vécu. Ce dernier comportement offre le potentiel de mieux apprécier l’instant, mais aussi de mieux identifier nos sensations positives et négatives, et ainsi d’apprendre à se connaître. Et cet atout est aussi un élément essentiel pour avancer sur la voie du bonheur (Scott Peck).
Enfin, se redécouvrir est l’occasion de renouer avec son admiration innée pour la Nature (Dominique Bourg), de ressentir librement sa sensibilité et son empathie, dans un monde inspiré par une “rationalité sans âme” (Pierre Rabhi), de réaliser la valeur du lien social et la futilité des biens matériels qui polluent notre rapport à nous même et aux autres..
"Ne doutez jamais qu'un petit groupe d'individus conscients et engagés puisse changer le monde."
Margaret Mead